Quneitra, le Golan et le Houting

Mon journal de syrie.be 2004

Le podcast du jour : https://anchor.fm/annie-goossens/episodes/2004-Toujours-en-Syrie-avec-un-dtour-par-le-Ymen-e188cu4

Quneitra se trouve dans le Golan à une  septantaine de kilomètres de Damas. Pour visiter le site, il faut une autorisation de la police.

En 1973, lors leur départ, les Israéliens ont évacué les habitants et détruit toute la ville au tracteur et au bulldozer : ils n’ont épargné ni la mosquée, ni l’église, ni l’hôpital.

Avant de démolir les maisons, ils les ont complètement dépouillées – jusqu’aux prises électriques –  et vendu leur butin à des entrepreneurs de chez eux.

Beaucoup de gens du Golan, souvent des Tcherkesses,  se sont réfugiés à Damas.

La région est très jolie ; l’air y est frais et bon. On voit sur les collines proches les installations israéliennes : grandes oreilles fichées sur les sommets.

Lors de la visite, nous rencontrons une famille de Tcherkesses qui vient pique-niquer  près de sa maison détruite. Elle nous invite à prendre le thé. Je photographie tout le monde devant les ruines.

Le Golan

Le plateau du Golan est la source principale d’approvisionnement en eau du lac de Tibériade et du Jourdain. Il est réputé pour son agriculture et ses vignobles. Sa population avoisine les 52 000 habitants pour une superficie de 1 800 km2. À la suite de la guerre des Six Jours, il est occupé par Israël dans sa partie Ouest. L’ONU a déployé une force d’observation dans le no man’s land le long de la ligne de cessez-le-feu.

EFFACÉS DES LIVRES D’HISTOIRE

Toute information qui montrait qu’il y avait des citoyens syriens sur le plateau du Golan a été effacée des livres d’histoire en Israël. Les historiens et les spécialistes israéliens du Moyen-Orient ont accepté la version officielle selon laquelle seuls des militaires et des Druzes vivaient sur le Golan lors de sa conquête. Ainsi, au fil des ans, le mensonge est devenu « vérité ». Ce n’est que depuis ces dix dernières années qu’apparaissent des bribes de preuves que des Syriens habitaient sur le plateau du Golan avant la guerre de 1967. Quelques travaux universitaires ont été réalisés. Toutefois, la version du récit historique israélien, qui prétend qu’ils sont partis de leur propre gré, reste massivement répandue dans la population.

Avant l’apparition d’Internet, les habitants du village druze de Majdal Chams, situé au pied du mont Hermon, sur le Golan, avaient l’habitude de monter sur une colline appelée « la colline des cris ». Ils y communiquaient par mégaphone interposé avec leurs proches du côté syrien. Les familles séparées, les amis, les voisins échangeaient ainsi des nouvelles des uns et des autres. Depuis le début de la guerre civile en Syrie, des cris se font à nouveau entendre sur la colline. Les habitants des villages druzes du Golan y voient les leurs fuir les massacres perpétrés par Bachar Al-Assad, sans pouvoir leur tendre la main ni les aider : la frontière de 1967 les sépare toujours. (voir article entier :https://orientxxi.info/magazine/le-premier-exil-des-syriens-du-golan,1874)

Houting

La « Colline » « houting » où les Druzes, les personnes issues des deux côtés de la frontière pour venir voir l’un l’autre et crier dans la zone sous contrôle syrien Druze israélien près de la ville de Majdal Shams

La colline des cris est une localité du plateau du Golan. Elle est située près du village druze de Majdal Shams dans la zone du Golan qui est occupée par Israël. Pendant la guerre des Six Jours, Israël a capturé la plupart des hauteurs. La colline des cris est située près de la ligne de cessez-le-feu qui sépare les territoires sous contrôle syrien et israélien.

Après la guerre, la communauté druze des hauteurs du Golan a été séparée par la ligne de cessez-le-feu. Très peu de visites sont autorisées entre les familles situées de part et d’autre de la ligne de cessez-le-feu. Israël et la Syrie sont toujours en état de guerre officiel et aucune télécommunication ou courrier n’est autorisé à traverser la frontière. C’est ce qui a poussé certaines familles à venir sur cette colline pour voir et communiquer avec leurs proches de l’autre côté. En raison de la distance, les familles ont dû crier leurs messages et ont même utilisé des mégaphones et des jumelles.

Des personnes attendent leurs proches du côté syrien à Majdal Shams.
Avec l’avènement des téléphones portables, cette pratique a décliné, sauf lors d’occasions spéciales comme les mariages où les familles ressentent particulièrement le besoin de se voir en personne.

La colline est proche de Majdal Shams, au pied du Mont Hermon et est séparée du village par une vallée. Du côté occupé par Israël, une zone de sécurité s’étend sur la vallée à côté du village. Du côté sous contrôle syrien, il y a un poste d’observation de l’ONU qui se trouve à 1100 mètres d’altitude. Le point de cri se trouve à 3 km des habitations les plus proches de Majdal Shams et à 2,5 km de la ligne frontalière.

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